VIVALDI (1678-1741)
Nulla in mundo pax sincera RV 630
Aria Larghetto • Recitativo • Aria Allegro • (Allegro)
Concerto pour deux violons et violoncelle en sol mineur RV 578a
Adagio e spiccato • Allegro • Largo e spiccato • Allegro
Canta in prato, ride in monte RV 623
Aria (Allegro) • Recitativo • Aria (Allegro) • (Allegro)
“La primavera”
Concerto Op. 8 nº 1 en mi majeur RV 269
Allegro • Largo • Allegro
“L’estate”
Concerto Op. 8 nº 2 en sol mineur RV 315
Allegro non molto • Adagio • Presto
“L’autunno”
Concerto Op. 8 nº 3 en fa majeur RV 293
Allegro • Adagio molto • Allegro
“L’inverno”
Concerto Op. 8 nº 4 en fa mineur RV 297
Allegro non molto • Largo • Allegro
Ce fut l’une des meilleurs surprises discographiques de l’année dernière. Dans un premier temps, nous étions quelque peu méfiants à l’idée d’entendre une version de plus des Quatre saisons d’Antonio Vivaldi. Mais rapidement, la complicité dynamique des musiciens sur instruments anciens de Gli Incogniti nous a révélé ce tube de l’histoire de la musique sous un autre jour, ni romantisant, ni « baroqueux » au sens maniéré du terme. La violon solo, Amandine Beyer, insuffle à cette œuvre une fraîcheur salutaire, quasi chambriste (elle s’est d’ailleurs entourée d’un ensemble de seulement huit musiciens). Les mouvements descriptifs – les pas sur la neige ou les aboiements du chien – deviennent des effets d’une rare poésie. Pour son concert dans le cadre du Festival d’Ile de France, la violoniste et son ensemble jouent, outre les Quatre saisons, différentes pièces du Prêtre roux, évoquant ainsi son travail dans les hospices de La Pieta où Vivaldi était maître de violon. On entendra ainsi le Concerto pour deux violons et violoncelle en sol mineur, aux courbes mélodiques hautement expressives. Mais surtout, la soprano Maria Espada chantera en soliste Nulla in mundo pax sincera et Canto in prato, ride in monte, deux partitions qui montrent le style si particulier de l’écriture vocale vivaldienne, alchimie entre un cantabile très émouvant et des vocalises pyrotechniques irrésistibles. Le beau théâtre à l’italienne de Fontainebleau s’apprête ainsi à se téléporter sur les bords de la lagune.