"LA" CONCERT DE PORCELAINE (1)
Nicolas Frize et Jean-Pierre Drouet
Samedi 3 octobre 2009 à 19h30
Manufacture de Sèvres, Sèvres (92)
Programme
Création de Nicolas de Frize. Œuvre écrite pour des instruments conçus et réalisés dans les ateliers de la manufacture. Concert avec déambulation.
Deuxième concert à 21h30.
lire la suitePrésentation
Depuis trois ans Nicolas Frize est en résidence à la Manufacture de Sèvres. Créé par Louis XV à Vincennes à la demande de Madame de Pompadour, ce haut lieu d’un art du luxe fut transféré à Sèvres, puis placé sous le contrôle de la Couronne. Par sa qualité, ses motifs, ses couleurs, la porcelaine qui ...
y était produite se disputait, avec celle de Saxe, les tables d’apparat des cours d’Europe. Mais la vitalité de la Manufacture Royale, puis Nationale, doit beaucoup à l’association qu’elle a touj ours entretenue avec l es créateurs de son temps. Aujourd’hui encore la moitié de sa production est consacrée à la création grâce à la collaboration d’artistes comme Alechinsky, Calder, Poliakoff, Louise Bourgeois... Et pour la première fois elle invite un musicien à « penser » la matière, la sculpture et le remodelage des figures, le polissage, la ciselure..., le fruit d’un savoir faire ancestral au service de la musique. Avec l’aide, la complicité et l’expérience des artisans enthousiastes, Nicolas Frize a fait sortir des fours un instrumentarium inédit, des prototypes d’arbres à assiettes, calamars hérissons, chimes, fontaines à goutte, pianos conques, tambours d’eau, suicidophones, saxophones éméchés, tam tams, baguettes cerise, hautbois baroques..., et des objets détournés, tous d’un blanc pur et tous essentiellement percussifs, conçus pour résonner sous les baguettes et les mains de jeunes musiciens sélectionnés dans les conservatoires franciliens. Dispersés dans les ateliers, la galerie des moules, près des anciens fours à bois, ils interprètent une partition nouvelle, élaborée par le compositeur qui vous convie à circuler, contempler et vous installer dans un univers visuel et sonore, magique, fragile, plein d’humour et de poésie.
Le lieu
Manufacture de Sèvres
Cette manufacture de porcelaine tendre est fondée à Vincennes dans une tour du château royal ; ce succédané de la véritable porcelaine, dite porcelaine dure, composée ...
de kaolin à près de 75 %, est très convoité par les gouvernements européens au XVIIIe siècle, car seule l’Allemagne en Europe avait découvert, au début du siècle, un gisement de kaolin sur son sol. C’est pourquoi le roi Louis XV, sous l’influence de Madame de Pompadour, s’intéresse rapidement à la Manufacture de Vincennes, qui est transférée à Sèvres en 1756 dans des bâtiments construits spécialement et placée sous le contrôle de la couronne. En 1768, grâce à la découverte du premier gisement français de kaolin par deux chercheurs français de la Manufacture près de Limoges, la véritable porcelaine, dite « porcelaine dure » est commercialisée dès 1770. C’est en 1800 que la Manufacture va accueillir à sa tête l’homme qui, pendant 47 ans, va lui assurer un essor exceptionnel. Le savant Alexandre de Brongniart, fils de l’architecte de la Bourse de Paris, va moderniser la production de la Manufacture notamment en introduisant des nouveaux procédés comme le calibrage et le coulage (aujourd’hui appelé grand coulage). Avec la IIIe République, La Manufacture est transférée dans des bâtiments construits spécialement par l’Etat sur un terrain de 4 hectares désenclavé au parc de Saint-Cloud, qu’elle occupe encore aujourd’hui avec le Musée nationale de la céramique. L’activité de la Manufacture gravite surtout autour des grandes expositions universelles et internationales comme, à Paris en 1900, l’Exposition Universelle, celle des Arts décoratifs en 1925 et en 1937, l’Exposition internationale des arts et des techniques. L’activité amorce radicalement le tournant de la modernité, qui investit l’ensemble de la production, sous la direction de Serge Gauthier, de 1964 à 1975. Dans ce même esprit, la Manufacture renoue, dans un nouvel essor, avec la création la plus contemporaine du XXIe siècle. Depuis François Boucher en 1748 -, en passant par Emile-Jacques Ruhlman dans les années 1930, de nombreux designers et plasticiens ont enrichi la production de Sèvres. Emile Decoeur, Jean Mayodon, Marcel Derny, Pierre Alechinsky, Alexandre Calder, Serge Poliakoff, Zao Wou-ki, Chu Teh Chung, Huang Yan Ping, Erik Dietman, Jean-Luc Vilmouth, Borek Sipek, Louise Bourgeois, Ettore Sottsass, Richard Peduzzi sont venus créer à la Manufacture. La Manufacture compte aujourd’hui quelque 160 agents dont 130 céramistes agents de l’État formés spécifiquement en interne, répartis dans 27 ateliers, et qui exercent une trentaine de métiers différents pour produire quelques milliers de pièces chaque année. Un tiers de la production de la Manufacture est attribué aux grands corps de l’État (Palais de l’Elysée, Hôtel Matignon, Assemblée nationale, Sénat…) ; l’autre partie est commercialisée dans ses deux galeries, l’une à Sèvres, l’autre à Paris.
En collaboration avec la Manufacture nationale de Sèvres.





