[QUE TAL] INTERVIEW DE DOM LA NENA

Que Tal

Publié le 28/07/2014 à 17:12

Dom La Nena, jeune violonceliste et chanteuse d'origine brésilienne forme le duo Birds on a wire avec Rosemary Standley. Elles seront au Théâtre des Lilas le 9 octobre. En attendant, retrouvez la rencontre entre DOm La Nena et le magazine Que Tal.

Le talent n’attend pas le nombre des années. Cet adage, aussi gentiment désuet que parfaitement galvaudé, sied pourtant à merveille à cette jeune artiste franco-brésilienne qui, du haut de ses 23 ans, a signé l’un des albums les plus personnels et les plus enthousiasmants de cette année. Mais ne nous y trompons pas. Si Dom La Nena est jeune, elle n’a rien d’une débutante.Avant de lancer sa carrière solo, la « gamine » a longtemps accompagné au violoncelle, son instrument de cœur, des artistes du calibre de Jane Birkin, Camille, Piers Faccini ou Étienne Daho. Des expériences musicales riches et intenses, qui expliquent autant son éclosion précoce que sa grande maturité.

Chanté en portugais, parfois en espagnol, Ela, son premier album solo, est un petit bijou d’orfèvrerie pop à la saudade enivrante et vénéneuse, quelque part entre le folk tourmenté de Cat Power et la flamboyance des compositions de Chico Buarque. Sur scène, Dom La Nena, joue volontiers la carte du dépouillement et de l’intimité : « Depuis quelques mois, je joue essentiellement en solo. J’adore la relation intime avec le public, très dénudée, totalement dans le risque » nous confiait-elle récemment.

Rosemary Standley & Dom La Nena

Tu as sorti au printemps dernier, à tout juste 23 ans, un premier album solo très remarqué. Comment le décrirais-tu ?

Ela est presque comme mon passeport, ma carte d’identité ou mon DNA... Je me suis entièrement livrée dans ces chansons. Ce sont des petits bouts de moi-même mis en musique. Ce disque a pour thème principal l’exil, le déracinement. Au regard de ta propre histoire, c’est un disque très personnel... Oui, mais assez universel aussi... Beaucoup de gens s’identifient à ce que je raconte, même s'ils n’ont pas vécu les mêmes histoires. Comment le disque a-t-il été accueilli dans ton pays natal, le Brésil ? C’est l’un des derniers pays où l’album est sorti. J’attendais ça depuis longtemps et j’étais assez stressée... Heureusement les critiques ont commencé à tomber et ça se passe extrêmement bien !

Tu fais partie de cette nouvelle vague de compositeurs brésiliens qui se sont affranchis de l’héritage du tropicalisme et la MPB. Tes compositions s’enracinent davantage dans un registre folk, comme Cat Power ou Alela Diane...

Oui, comme beaucoup d’artistes de ma génération ! Malheureusement, la plupart ne sont jamais sortis du Brésil, mais il y a de plus en plus de composi- teurs qui ne font plus ce qu’on appelle à l’étranger la « musique brésilienne ». Tu es violoncelliste de formation.

Comment es-tu parvenue à intégrer cet instrument classique dans ton univers musical plutôt contemporain ?

J’ai eu un premier déclic quand j’ai commencé à jouer avec Jane Birkin et que je me suis mise à improviser. Puis, je me suis aperçue qu’en m’entraînant, je pouvais arriver à jouer et chanter en même temps. Ça a été un deuxième déclic...

Bien que tu maîtrises parfaitement le français, ton disque est chanté exclusivement en portugais. L’idée de chanter en français te travaille-t-elle de temps en temps ?

J’essaie d’y travailler, mais le français est une langue très difficile à mettre en musique, et ce n’est pas ma langue maternelle... J’aime travailler de manière inconsciente, et quand je commence à écrire, les choses viennent d’elles-mêmes, généralement en portugais ou en espagnol. Ce n’est pas quelque chose que je contrôle vraiment.

Ton surnom – La Nena – te vient de ta précocité. Tu as accompagné très jeune des artistes comme Jane Birkin, Etienne Daho ou Camille. Que t’ont apporté ces expériences ?

Elles m’ont aidé à mûrir rapidement ! Ma première tournée, c’était avec Jane Birkin, la barre était de suite très haute ! Le fait de côtoyer ces artistes, c’était toujours une leçon. Je pense souvent à eux quand je construis mon set ou que je suis sur scène.

Il y a-t-il un artiste en particulier avec lequel tu rêverais de travailler ?

J’adore Juana Molina, une chanteuse argentine, j’aimerais beaucoup faire quelque chose avec elle... Je rêve aussi du cubain Silvio Rodríguez ou de Marcelo Camelo, un chanteur brésilien. Plus inaccessibles, Chico Buarque, Cat Power, ou faire la musique d’un film d’Almodóvar.

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