[QUE TAL] Interview de Marcio Faraco

Que Tal

Publié le 06/10/2014 à 14:55

À l'occasion de son concert au Pavillon Baltard avec Fabiana Cozza et Zalindê le 11 octobre, Que Tal Paris a rencontré Marcio Faraco pour une interview.

Marcio Faraco vient de sortir son nouvel album Cajueiro : un air de douce éternité, teinté de reflets de samba, de bossa jazz et de milonga

Le plus francophile des brésiliens de France n'a pas son pareil pour capturer l'air du temps, le mettre en mots et en mélodies, et nous chanter les réalités du monde, mais aussi ses amours et tout simplement la vie. Entouré de musiciens d'ici et de là-bas, il parle de son Brésil natal, de son cher Paris et des jours qui s'écoulent. Auréolés de reflets de milonga, de samba, de jazz et de xote, ses refrains ont plus que jamais un petit air de douce éternité.


Marcio Faraco

Tu viens tout juste de sortir ton septième album studio, Cajueiro. Comment le décrirais-tu ?

Je voulais faire un album plus varié, plus heureux que le précédent. Cajueiro, c’est un nom que me définit bien. C’est un arbre qui a un fruit très connu mais dont on ne connait que la noix, pas le reste. C’est un peu comme la musique brésilienne, dont il reste tant de choses à connaître.

Ce nouveau disque a une tonalité plus directe et spontanée que celle de ton précédent opus, O tempo (2011)...

O tempo est un album plus introspectif et épuré. Il y a simplement une guitare et une voix. Cajueiro est plus spontané car j’ai enregistré avec mes musiciens en direct et ça se ressent.

Dans ton dernier album, tu rends hommage à Paris avec une chanson en français, très douce-amère...

Oui, je vis à Paris mais aussi beaucoup à Rio... On peut dire que j’ai une double vie ! La chanson "Paris" traduit un peu le sentiment que tous les parisiens en ont. On aime et on déteste Paris. C’est une relation d’amour très paradoxale. Pour "Paris", j’ai choisi un style manouche car c’est un rythme que je trouve très enjoué, avec un swing bien particulier.

Tes bossas novas partagent avec celles de tes aînés, Tom Jobim, João Gilberto ou Chico Buarque, un certain sens de l’épure. C’est important de ne pas trop en faire ?

C’est exactement ça, j’ai appris beaucoup avec ça. D’abord on vit dans un monde où il y a des microphones, il n’y a pas besoin de « gueuler ». Mes mélodies sont très axées sur le rythme et comme je n’ai pas beaucoup de puissance vocale, je fais avec mes moyens. J’aime le sens de l’épure, car je suis très perfectionniste. Lorsque je compose une chanson, j’y passe beaucoup de temps, et également lors de l’enregistrement.

En parlant de Chico Buarque, c’est quelqu’un qui a beaucoup compté pour toi au début de ta carrière en Europe...

Oui, avant, je faisais les bars et je n’arrivais pas à faire un disque. J’ai été invité pour faire Taratata avec lui et finalement, je lui ai dit que j’étais compositeur. Il a aimé mes chansons et a décidé de m’aider. C’est grâce à lui que j’ai fini par signer avec une maison de disques. C’est une personne que j’aime beaucoup, c’est un très bon ami.

Quitter ton pays natal il y a plus de vingt ans pour tenter ta chance en Europe, c’était un pari risqué, mais finalement réussi...

Ce n’était pas si risqué parce que je n’avais rien à perdre. Je suis allé d’abord en Angleterre et puis dans le sud de la France et j’ai commencé à jouer dans des soirées. Tout ça m’a beaucoup appris.

Tu seras en concert le 11 octobre prochain au Pavillon Baltard aux côtés de Zalindê et de Fabiana Cozza pour une création inédite, Brésils interdits. Peux-tu nous en parler ?

On m’avait proposé de faire les « tabous du Brésil » mais finalement, je me suis dit qu’il serait intéressant de faire les « tabous » et les « interdits » ensemble. On considère toujours le Brésil comme un pays très libertaire, mais la réalité, c’est qu’on a subi énormément d’interdits suite au coup d’État. La bossa nova était interdite, mais malgré une très forte censure, la création battait son plein.

Le 10 décembre, tu seras de nouveau en concert au New Morning...

Oui, ça sera la présentation de Cajueiro. J’ai très envie de jouer ces chansons car chacune raconte une histoire... et j’adore raconter des histoires ! Quand je suis sur scène, c’est un moment très informel, très intime.

Quels sont tes prochains projets ?

Composer. Je suis comme un cordonnier, je compose tous les jours et je ne suis jamais à cours de chansons. D’ailleurs, j’ai déjà des chansons prêtes pour mon prochain disque.

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